Une seule adresse : http://www.petiteracine.net/traquetraces
A tout de suite...
Une seule adresse : http://www.petiteracine.net/traquetraces
A tout de suite...
Ce site semble en sommeil. C'est que la suite se construit, ailleurs. Patience, donc. Et pour suivre, en attendant, deux adresses :
Le blog Petite Racine.
Le site Remue.net, qui m'accueille pour rendre compte régulièrement de cette résidence d'écriture.
Un personnage ne sait pas rester seul. Il a suffit que soit posée cette question, raconter quelque chose qui arrive au personnage, pour qu'avec une très grande force multiplicatrice, les 21 personnages de départ (16 en lice en fait ce jour là) en générent 70 de plus. Une explosion de nouveaux êtres fictifs, reliés aux premiers en étoile, par des liens différents : famille, amis, personnes simplement croisées, aimées ou affrontées.
Ils étaient 21, ils sont désormais 90. Enfin, pas tout à fait, car 4 sont déjà morts, et peut-être bientôt cinq car on déplore un blessé grave dans un accident de la route, le diagnostic vital est réservé. Les autres morts en revanche sont tout à fait morts, par homicide d'ailleurs. Quatre morts sur un petit village fictif de 90 personnes, c'est beaucoup, beaucoup plus que les statistiques réelles les plus affolantes sur la délinquance. Les personnages principaux sont soit témoins, soit victimes (à peine savait elle qu'elle était mariée que cette pauvre femme se retrouve déjà veuve), soit même meurtrier : tel habitant fexcédé tirant sur deux jeunes pour préserver l'intégrité de sa chère voiture. On dénombre aussi de nombreux autres actes délictueux, cambriolages, violences diverses, mais aussi émeutes et incivilités : bousculades dans le bus, tapage nocturne, indélicatesses entre époux, etc... Une explosion de violence aussi, donc, déclenchée, sans doute, par le détonateur de la fiction...
Le coeur aussi explose : quatre histoires d'amour au compteur à ce jour, dont une lune de miel entre deux époux, une belle inconnue croisée à un arrêt de bus, et un bel inconnu rentrant dans l'immeuble d'en face.
Et le quotidien alors? Seul le quotidien n'explose pas, il coule doucement, on se souvient des jours d'avant, on joue au foot avec ses enfants, on fait des cadeaux à ses amis. C'est difficile sans doute, d'avoir l'impression que quelque chose arrive, au quotidien. Et pourtant, tout événement, aussi infime soit-il, peut-être tracé, peut-être écrit.
De chacun de nous ce qui officiellement se sait, se dit, s'affiche : un prénom, un nom, une situation.
Pour chacun des personnages créés dans cet atelier d'écriture ce sera pareil.
Le nom sera échu au hasard parmi les 200 patronymes les plus répandus dans la commune d'Aubervilliers : de Martin, 1404 occurrences, à Leblanc, 155 occurrences, en passant par Coulibaly, 435 occurrences.
Le prénom sera choisi, parmi les 10 plus fréquents lors de l'année de naissance du personnage.
Puis, situation.
21 personnages, 21 petites perles de fiction jetées dans le réel, qu'il faut maintenant sertir, insérer, relier. Il faut définir, déjà, s'ils sont seuls, accompagnés. La vie en couple : une question d'âge sans doute, ça démarre doucement, ça bat son plein entre 40 et 54 ans (67 %), puis ça diminue au fil des séparations, des disparitions. Image plus haut : les silos des accompagnés, plus ou moins hauts selon l'âge. On s'en inspirera pour distribuer les sorts, seuls ou en couple.
Et puis combien d'enfants, s'il y en a, et doit on les élever seul ou à deux. Là encore, la petite population fictive suivra la répartition réelle, autant que possible.
Un nom, un prénom, une famille, aussi mince soit-elle : autant de liens qui nous tiennent au monde. Inventer un personnage, c'est inventer des relations.
Dans quelques jours, lire ici le résultat des attributions.
Consigne d’écriture à la fin d’un atelier : écrire sur papier libre 2 séries de nombres, avec seulement, en haut à gauche, le nom et prénom de l’élève. Sans plus d’explication.
Les deux séries de nombres devaient être ainsi construites :
Série A : 1- un nombre de 53 à 55
2- un nombre de 30 à 60
3- un nombre de 00 à 100
Série B : 1- un nombre de 21 à 23
2- un nombre de 47 à 60
3- un nombre de 00 à 100
La consigne était un brin absurde, et livrait forcément au hasard. Ces encadrements de nombres déterminaient en fait un périmètre, un rectangle entre deux longitudes, deux latitudes : le
territoire futur de la fiction à construire :
Au Nord limite 48° 55 ’30. 00 ‘’N ,
Au Sud limite 48°53’30.00’’ N
A l’Est limite 2°21'47.00"E
A l’Ouest limite 2°23'47.00"E
Une aire, qui, approximativement, couvre Aubervilliers, une partie de Pantin, La Courneuve, Saint-Denis, et l’extrême nord du 19ème arrondissement de Paris. Sans le savoir, chacun a ainsi
déterminé le lieu d’habitation d’un personnage fictif à construire. Ces coordonnées ont ensuite été converties en autant d’adresses.
Ensuite, nous avons ouvert une feuille de tableau excell, et grâce à la fonction "ALEA," déterminé en face du nom de chaque participant un nombre de 20 à 50, un nombre de 1 à 12, un nombre de 1 à
31. Se sont ainsi générées, automatiquement, autant d’âges et de dates de naissance.
Une adresse, un âge, c’est bien peu pour exister. Nous avons laissé chacun choisir le sexe de son personnage.
21 personnes fictives ainsi adressées, déterminées de 20 à 50 ans. 13 hommes, 8 femmes. 6 à Aubervilliers, 4 à La Courneuve, 2 à Pantin, 7 à Paris, 2 à Saint-Denis. 7 entre 20 et 30 ans, 7 entre
30 et 40 ans, 7 de plus de 40 ans... Tout un peuple.
Leur vie va se construire progressivement sur ce site. Vous pouvez, à gauche, découvrir les personnages, de #A à
#U, et voir leurs visages, leurs vies, se dessiner progressivement.